Et si vous fabriquiez vos propres mots croisés ?

creer sa grille de mots croises

Il y a les loisirs créatifs auxquels on pense tout de suite : l’aquarelle, le crochet, le scrapbooking, les bougies… Et puis il y a ceux qui se cachent tellement bien qu’on ne les range même pas dans la catégorie DIY.

Créer une grille de mots croisés en fait partie.

À première vue, on imagine plutôt le magazine plié sur la table du salon, le crayon à papier et cette définition de quatre lettres qui résiste depuis vingt minutes. Pourtant, passer de l’autre côté de la grille est presque aussi amusant que de la remplir. Il faut choisir les mots, réussir à les faire se croiser et surtout inventer des définitions qui ne donnent pas la réponse en trois secondes.

Pas besoin d’avoir passé sa vie devant Des chiffres et des lettres pour essayer. Une feuille quadrillée, un crayon et une dizaine de mots suffisent pour commencer.

Le saviez-vous ?

La personne qui crée des grilles de mots croisés porte un nom assez improbable : le verbicruciste. Celui qui les résout est un cruciverbiste. Rien que pour pouvoir ressortir ces deux mots au prochain repas de famille, l’activité mérite presque d’être essayée.

Pourquoi fabriquer une grille alors qu’il en existe déjà des milliers ?

C’est une question assez légitime. On trouve des grilles partout, sur papier comme sur téléphone. Pour jouer simplement, autant en prendre une toute faite.

Mais fabriquer la sienne n’a pas vraiment le même intérêt.

C’est un peu comme préparer une carte d’anniversaire alors qu’on pourrait en acheter une pour trois euros : ce qui compte, c’est justement ce que l’on va mettre dedans.

Une grille personnelle peut contenir le prénom du chien, la ville des dernières vacances, le plat que votre frère rate systématiquement ou cette expression que votre grand-mère répète depuis trente ans. Tout à coup, les mots croisés deviennent un objet que personne d’autre ne pourrait avoir.

Et là, les possibilités sont nombreuses :

  • une grille souvenir pour un anniversaire ;
  • un petit jeu à glisser dans une carte cadeau ;
  • une activité pour un mariage ou une fête de famille ;
  • une grille consacrée aux personnages préférés d’un enfant ;
  • un exercice de vocabulaire fait maison ;
  • ou tout simplement un défi à donner à quelqu’un qui adore les jeux de lettres.

Le matériel, lui, ne ruinera personne. Du papier quadrillé, un crayon, une gomme et éventuellement une règle font très bien l’affaire pour une première tentative.

Avant de créer : commencez par résoudre quelques bonnes grilles

On dessine rarement une bonne grille sans avoir un peu observé comment les autres sont faites.

Avant de sortir la règle, prenez donc le temps d’en résoudre deux ou trois. Des mots croisés classiques permettent déjà de remarquer des choses auxquelles on ne fait pas attention lorsqu’on joue machinalement : la longueur des mots, les croisements, la façon dont les définitions sont formulées ou encore le mélange entre réponses faciles et mots qui demandent de se creuser un peu la tête.

C’est d’ailleurs ce dosage qui fait souvent toute la différence.

Une grille où l’on trouve chaque réponse immédiatement devient ennuyeuse. Une grille où l’on sèche dès la deuxième définition risque de finir abandonnée avec le café froid à côté.

Le but n’est donc pas de piéger celui qui joue. Il faut lui donner envie de continuer.

Étape 1 : choisissez un thème qui vous donne des idées

Pour une première grille, le plus simple est de partir d’un thème.

Pas besoin de chercher quelque chose d’extraordinaire. Au contraire, plus vous connaissez le sujet, plus les mots viendront facilement.

Imaginons une grille préparée pour les 60 ans de votre mère.

Vous pourriez noter sur une feuille :

  • Bordeaux, si elle y est née ;
  • Patrick, le prénom de son mari ;
  • Italie, pour un voyage dont elle parle encore ;
  • tiramisu, son dessert préféré ;
  • Simone, le prénom de sa mère ;
  • jardin, si elle y passe tous ses dimanches ;
  • Dalida, si ses chansons tournent toujours dans la voiture.

Évidemment, ce ne sont que des exemples. C’est justement votre histoire qui rendra la grille intéressante.

Une dizaine ou une quinzaine de mots suffisent largement pour débuter.

La petite astuce qui évite de rester bloqué

Ne choisissez pas uniquement des mots très longs. Mélangez des réponses de 3, 4, 5, 7 ou 10 lettres. Les petits mots vous sauveront souvent lorsqu’il faudra raccorder deux parties de la grille.

Étape 2 : commencez par le mot le plus long

C’est ici que le bricolage commence vraiment.

Prenez votre mot le plus long et placez-le au milieu de la feuille, horizontalement ou verticalement.

Ensuite, cherchez parmi vos autres mots ceux qui possèdent une lettre commune.

Avec TIRAMISU, par exemple, un mot contenant un A, un I ou un R pourra venir le croiser. Puis un troisième mot viendra s’accrocher au deuxième, et ainsi de suite.

Au début, tout paraît très simple.

Puis arrive le fameux moment où il reste trois mots sur la feuille et absolument aucun ne veut entrer dans les cases disponibles.

C’est normal.

On efface. On déplace. On retourne la feuille. On regrette d’avoir choisi un mot avec trois consonnes impossibles à caser. Puis soudain, une nouvelle combinaison fonctionne.

C’est précisément ce petit côté puzzle qui rend l’activité agréable.

Étape 3 : ajoutez les cases noires seulement après

Si vous débutez, ne cherchez pas immédiatement à produire une grille digne d’un magazine professionnel.

Placez d’abord vos mots correctement.

Les espaces inutilisés pourront ensuite devenir des cases noires. Elles servent à séparer les réponses et rendent la lecture de la grille beaucoup plus claire.

Une fois la structure terminée, recopiez-la proprement sur une nouvelle feuille ou sur ordinateur.

Et surtout, gardez une version avec toutes les réponses. Cela paraît évident jusqu’au jour où l’on termine sa grille, qu’on l’offre… et qu’on ne se souvient plus soi-même du mot prévu à la verticale 7.

Étape 4 : maintenant, amusez-vous avec les définitions

C’est probablement notre partie préférée.

Une définition n’a aucune obligation d’être scolaire.

Pour le mot CHAT, on pourrait évidemment écrire :

« Animal domestique qui miaule. »

Ça fonctionne. Mais on ne peut pas dire que l’on se soit beaucoup amusé.

Pour une grille familiale, on pourrait plutôt écrire :

« Celui qui pense que le canapé lui appartient. »

Ou, si le chat en question s’appelle Marcel :

« Marcel, quand il n’est pas en train de réclamer à manger. »

La réponse devient alors beaucoup plus personnelle.

C’est un peu le plaisir des jeux télé comme Slam : quelques mots doivent mettre sur la piste sans forcément donner immédiatement la solution.

Variez les types de définitions

Dans une même grille, mélangez plusieurs styles :

  • définition directe : « Capitale de l’Italie » ;
  • souvenir : « Ville de notre voyage de noces » ;
  • humour : « Dessert dont papa prétend toujours vouloir juste une cuillère » ;
  • indice culturel : « Chanteuse de Gigi l’amoroso » ;
  • devinette : une formulation légèrement détournée qui demande quelques secondes de réflexion.

L’idée n’est pas de faire compliqué pour faire compliqué. Une bonne définition provoque plutôt ce petit « mais oui, évidemment ! » lorsqu’on trouve la réponse.

Une grille personnalisée peut devenir un vrai cadeau

C’est probablement l’usage que l’on préfère pour cette activité.

Imaginez une petite grille glissée avec un cadeau d’anniversaire. Toutes les réponses racontent quelque chose sur la personne : ses voyages, ses expressions, sa famille, ses passions, quelques souvenirs un peu honteux que tout le monde connaît.

On peut même utiliser certaines cases pour faire apparaître un message final.

Pour annoncer un week-end à Rome, par exemple, plusieurs réponses peuvent permettre de récupérer les lettres R, O, M et E. La grille devient alors une petite énigme avant de découvrir le cadeau.

Même principe pour une demande de témoin de mariage, une naissance, une fête des grands-mères ou simplement une soirée entre amis.

Ce n’est plus seulement une grille : c’est une façon de raconter une histoire avec des cases.

Avec les enfants, transformez la grille en jeu de révision

Pour les enfants, mieux vaut évidemment oublier les définitions à double sens dignes d’un cruciverbiste chevronné.

En revanche, le principe fonctionne très bien avec des mots simples.

Une grille peut servir à revoir :

  • les animaux ;
  • les couleurs ;
  • les pays ;
  • les aliments ;
  • les personnages d’une histoire ;
  • le vocabulaire appris à l’école ;
  • ou même les mots d’une langue étrangère.

Encore mieux : laissez l’enfant fabriquer lui-même une partie de la grille.

Trouver une définition pour « éléphant » demande finalement de réfléchir au sens du mot, à ses caractéristiques et à la meilleure façon de le faire deviner. On travaille le vocabulaire presque sans s’en rendre compte.

Papier ou ordinateur : les deux ont leur intérêt

Pour une première grille, le papier reste difficile à battre.

On écrit vite, on rature, on dessine une flèche dans un coin et on déplace un mot sans se demander où se trouve le bon menu.

Une feuille quadrillée est parfaite pour cela.

Une fois la grille terminée, l’ordinateur devient en revanche intéressant si vous souhaitez :

  • l’imprimer en plusieurs exemplaires ;
  • l’offrir avec une jolie présentation ;
  • ajouter une photographie ou un titre ;
  • créer plusieurs niveaux ;
  • ou conserver le modèle pour le modifier plus tard.

Il existe aussi des logiciels capables d’aider à placer les mots. C’est pratique pour les grandes grilles, mais pour une création personnelle de dix ou quinze réponses, faire travailler un peu ses méninges fait justement partie du plaisir.

Les trois erreurs qui gâchent une première grille

Vouloir commencer beaucoup trop grand

Une grille de 40 mots pour une première tentative, c’est le meilleur moyen de découvrir très rapidement une nouvelle passion : la gomme.

Commencez petit.

Dix mots bien placés donnent déjà un vrai jeu.

Choisir uniquement des mots compliqués

Si toutes les réponses sont des noms de villages, des surnoms familiaux ou des références que seule une personne peut connaître, la partie risque d’être longue.

Gardez quelques réponses faciles. Elles donneront des lettres qui permettront de trouver les autres.

Ne pas faire tester la grille

Vous connaissez toutes les réponses. Forcément, vos définitions vous semblent évidentes.

Avant d’offrir votre création, donnez-la à quelqu’un qui ne connaît pas la solution.

Vous découvrirez parfois que votre « indice très clair » ne l’est absolument pas.

Notre conseil pour une première grille

Choisissez 10 à 12 mots autour d’un thème que vous connaissez bien. Faites une première version au crayon, laissez-la de côté une heure, puis revenez dessus. Comme pour un dessin ou un texte, les problèmes sautent souvent davantage aux yeux après une petite pause.

Finalement, c’est bien un loisir créatif

Il n’y a ni colle, ni peinture, ni pelote de laine. Et pourtant, on part bien d’une feuille blanche pour fabriquer quelque chose qui n’existait pas avant.

Il faut choisir, essayer, effacer, recommencer, soigner la présentation et penser à la personne qui utilisera le résultat.

Finalement, ce n’est pas si éloigné du scrapbooking ou de la création d’une carte faite main.

La différence, c’est qu’à la fin quelqu’un risque de rester vingt minutes bloqué sur votre définition numéro 8.

Et, reconnaissons-le, c’est aussi assez satisfaisant.

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